où l’on avance d’autres hypothèses sur le poème anthropophage (2)

11. le poème anthropophage consiste en un double mouvement : incorporer le monde en tout ou en partie (ou le passer consciemment à la moulinette, patiemment le transformer en autre chose que ce qu’il est) puis ajouter au monde ce monde muté (comme s’il s’agissait d’un objet nouvellement né).

12. n’importe quel objet du monde est susceptible de passer à la moulinette : image, son, texte, animal, autre vivant, chose effrayante ou drôle traînant dans un placard.

13. un poème anthropophage n’est ni une posture ironique vis-à-vis d’un objet du monde, ni un jeu de citations.

14. il arrivera souvent, dans un poème anthropophage, qu’on ne reconnaisse pas l’objet emprunté au monde.

15. ne compte, dans un poème anthropophage, que le mouvement, la mutation du monde.

16. le poème anthropophage Cavalcade, nourri de mots, phrases, paragraphes, idiomes singuliers, sortira en mars 2012 aux éditions Rodrigol (Montréal) et en juin 2012 aux éditions Le Clou dans le Fer (France).

17. comme n’importe quel poème anthropophage, le poème anthropophage Cavalcade court le risque de prendre les goûts et les couleurs de ce qu’il dévore.

18. le poème anthropophage Cavalcade s’est consciemment nourri de :

  • Univerciel, de Christophe Manon ;
  • Eugen Gomringer et ses constellations ;
  • Cia Rinne et son fantasque et fantastique conceptualisme ;
  • La Peau de l’Ours, inédit de Nicolas Marchal, dont, avec l’accord chaleureux et l’amitié de l’auteur, je me suis largement inspiré pour la chasse dans le blanc ;
  • Les Techniciens du Sacré, de Jerome Rothenberg ;
  • Histoire secrète des Mongols ;
  • Marc Perrin et l’art de ses petites phrases ;
  • les genèses maya et biblique ;
  • et lointainement, dans ses versions antérieures, Jules Verne, Christophe Tarkos, Lautréamont, Jean-Pierre Verheggen, Eugène Savitzkaya, Arthur Rimbaud, Vassili Golovanov, Antoine Volodine et ses divers avatars, Augusto et Haroldo De Campos.

19. le poème anthropophage est un poème brésilien.

20. il est faux de croire que le poème anthropophage est un poème brésilien : dans son essence, la dévoration à l’oeuvre dans le poème anthropophage est universelle.

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