où, à force de performer, manger et discuter avec marc perrin, on finit par entrevoir d’évidentes relations entre poème anthropophage et performance collective (hypothèses anthropophages. 7)

 

61. nous existons.

 

 

62. nous existons, existants parmi les existants.

 

 

63. nous nous sentons être, exister, si nous sentons, quelque part, quelque chose, comme de l’existence passer.

 

 

64. dans le poème anthropophage comme dans la performance collective, nous sentons l’existence passer en nous et entre nous.nous sentons l’existence des autres existants passer entre nous et en nous.nous sentons l’existence qui passe en nous soudainement sortir hors de nous et entrer, quelque part, en relation.

 

 

65. dans le poème anthropophage et dans la performance collective, nous sentons croître en nous les relations d’existence qui existent entre nous. nous laissons ainsi croître l’existence en nous et entre nous.

 

 

66. contrairement aux apparences, tout ceci est concret. très concret. camarade. tout ceci arrive concrètement et réellement si nous reconnaissons que l’existence existe puissamment dans d’autres existants. si nous acceptons de nous nourrir de l’existence à l’oeuvre en nous et entre nous.

 

 

67. accroître positivement des relations existantes ou en créer de nouvelles, de toutes pièces, est peut-être ce que recherchent avant tout le poème anthropophage et la performance collective. accroître positivement des relations existantes ou en créer de nouvelles signifie que ni l’anthropophagie ni la performance collective ne détruisent. accroître positivement des relations existantes, comme en créer de nouvelles, signifie que les forces et les puissances que libèrent le poème anthropophage et la performance collective n’annihilent aucun existant.

 

 

68. n’oublions pas : l’anthropophagie à l’oeuvre dans un poème anthropophage n’a, au bout du compte, que peu, voire même fort peu, à voir avec la consommation des viandes. n’oublions pas : l’anthropophagie à l’oeuvre dans un poème anthropophage laisse concrètement et réellement intact l’existant.

 

 

69. rien n’est ici coupé du monde. rien n’est retiré. en aucun cas, le poème anthropophage et la performance collective ne sont des forces négatives. laissant intacts les existants, tout au plus le poème anthropophage et la performance collective tirent-ils du monde la puissance et la force.

 

 

70. rien de plus généreux et désintéressés que le poème anthropophage et la performance collective.


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où l’on se rend compte que, quelquefois, un langage est nettement plus simple qu’un autre, nom de nom

 

 

nous peinons, tous, en occident, dans notre partie d’occident, nous peinons, tous, nous peinons à dire, prononcer, quelquefois, nous peinons même à dire un mot, un nom de lieu, par exemple, qui d’entre nous peut dire, dans notre occident, dans notre partie à nous d’occident, qui peut dire, prononcer, sans écorcher, achopper, qui peut, d’une seule traite dire, par exemple, KIRKJUBAEJARKLAUSTUR ?

essayons le langage des signes.

nettement plus simple.

merci à eirikur örn, a.rawlings et maja jantar pour le lien. à intégrer, immédiatement, dans la perf éponyme !

ps : en plus, on dirait que la dame est la soeur de charles pennequin !

où l’on présente rapido « notre affaire commune », une performance au long cours qui suit gentiment son chemin

« notre affaire commune » est une performance. « notre affaire commune » est pour l’instant l’affaire commune de marc perrin et de vincent tholomé. « notre affaire commune » a lieu selon un rituel précis. marc perrin et vincent tholomé se réunissent une petite semaine. marc perrin et vincent tholomé discutent écrivent se lisent des livres. écrivent ensuite depuis ce qu’ils ont discuté. ce qu’ils se sont lus. se lisent ensuite ce qu’ils viennent d’écrire. discutent alors de ce qu’ils viennent de se lire. écrivent ensuite depuis ce qu’ils viennent de se dire. cela dure plusieurs jours. cela part dans tous les sens. cela ne suit aucun plan. aucune stratégie. au bout du compte les textes prolifèrent.

ensuit le dernier jour la dernière soirée marc perrin et vincent tholomé lisent performent en public des extraits de ce qui vient d’être lu écrit durant la semaine.

à chaque fois c’est comme une galaxie. à chaque fois c’est une autre galaxie.

ça peut très bien se casser la gueule.

jusqu’à présent quelque chose a toujours émergé.

il n’y a pas de raison que cette fois-ci rien n’émerge.

« notre affaire commune » a lieu cette semaine à namur et à bruxelles. l’écriture à namur. la performance publique à bruxelles. à la boutique maelström. la performance aura lieu le vendredi 24 février 2012 à 19h30. au 364 chaussée de wavre. la performance durera peut-être une demi-heure. peut-être moins. la performance sera suivie ou précédée d’une présentation. la revue « ce qui secret » sera présentée par marc perrin. marc perrin est à l’initiative de la revue « ce qui secret« . vincent tholomé n’est à l’initiative de rien. il est d’ailleurs confondant de constater que vincent tholomé n’est à l’origine de pas grand chose. toutefois il participe à diverses choses. il participe aussi au monde. c’est déjà ça.

où helen white se transforme toute seule comme une grande en collectivité rhizomique

Helen White est anglaise. Helen White habite Gand (Belgique). Helen White crée de petits objets plastiques aux indéniables qualités poétiques. Helen White aime les gestes simples qu’elle développe avec soin dans toutes leurs possibilités. Helen White s’est transformée en momie le 18 février 2012 au Café Normo, à Antwerpen, durant « De werkplaats verschuift » et cela est, en partie,visible ici.

où l’on trouvera que l’ailleurs ce sont d’abord et avant tout les traces que laissent en nous nos frictions avec le monde

fred griot travaille lent. et souterrain. fred griot cherche les zones de peu. de silence. amenuit voire efface les bruits. les bruissements mondains dans lesquels nous aimons quelquefois nous perdre. ce que j’aime de fred griot s’enracine dans ce trou. cette espèce de creux. de creusert. tout le travail de fred griot tend à ça. recréer le départ. l’origine. pour ce faire fred griot se retranche. quitte la ville. se frotte avec le monde. la peau du monde. pour cela marcher. se frotter aux roches et aux vents. revivre ces frictions archaïques avec le monde.inventer la langue sèche et sauvage qui va avec.

UUuU, le projet en cours de fred griot, n’est pas autre chose que ça : donner corps, dans l’écriture, aux traces que ces frictions avec les mousses, odeurs des bêtes, essoufflements, laissent en nous. explorer, pour ce faire, les traces anciennes, les façons de faire anciennes, les façons de noter l’effroi, l’effarement, l’éblouissement aussi, l’émotion qui nous traverse quand on se colle à ça. ce noyau de silence. fred griot descendra cette année plusieurs fois dans les grottes. rejoindra la nuit des cavernes. se frottera posément aux premiers traits, premières traces laissées par l’humanité.

entamé en 2010, UUuU sera un jour, en son temps, un recueil. un livre qui poussera à son rythme. poèmes, traits et textes qui sortiront aussi sur scène. nous traversant, nous, spectateurs. voies d’accès immédiates à cette part de nous-mêmes. peu connue. négligée. totalement étrangère, en tout cas, à nos vies contemporaines, peu enclines, il faut le dire, à ces expériences capitales, ces frictions élémentaires avec l’ailleurs.

ici et ici on lit et parle de UUuU.

ici, on aura directement accès au site de fred griot.

où l’auteur profite d’un commentaire pour rebondir et proposer, bien sûr, d’autres hypothèses anthropophages (6)

et puis dans des notes de scène : “manger la lang sur scène. manger à plusieurs attablés autour de la lang avec la bouche et le tuyau à souffle barbouillés. manger la lang à la terre. manger terre. manger la lang à plusieurs en communion à la scène comme aux champs. manger la lang les doigts pleins comme en cène les mains d’dans.”

Fred Griot (commentaire à un post)

51. manger. manger ce qui parle. ce qu’il y a de parlant. je reste oui resterai je crois un indécrottable mangeur. avalant ce qui parle. délaissant. oui. d’abord. le pas parlant. je crois ce qu’il y a de parlant me parle en mots. je reste des journées entières à manger ce qui parle. oui. je le fais des journées entières. je pratique le manger. avalant le parlant. les terres parlantes. ça se mange autant par l’oeil. ou l’oreille. ou la bouche. il y a là toute une géographie. tout un espace. il y a ce qui parle à l’oeil. ou l’oreille. ou la bouche. et il y a le pas parlant.

52. je ne sais pas comment mais l’oeil. ou l’oreille. ou la bouche. font le tri. ôtent des couches. et repèrent. dans le monde. ce qui parle. le parlant parlé sous les couches. les habits du monde. les habitudes. les traits mille fois entendus. mille fois vus. il y a parfois soudain sous les traits mille fois vus. entendus. un parlant qui parle. pan. c’est ce que repèrent l’oeil. l’oreille et la bouche. il me faut le manger. je le mange. c’est la base anthropophage du poème.

53. tout le reste est pas parlant.pour l’instant pas parlant.rien ne dit qu’un jour le pas parlant ne parlera pas.il n’y a pas de rejet définitif.rien ne dit non plus que le parlant d’aujourd’hui le restera longtemps.aujourd’hui ça parle et ça suffit pour le manger.

54. je dis ça parle. je veux dire que l’oeil l’oreille et la bouche. une fois le tri fait. une fois faite pour aujourd’hui la part des choses. l’épluchage. oui. ce qui parle alors suscite des mots. des bribes de conversations. des discours. c’est ainsi que ça vient. c’est ainsi que ça prend forme. c’est ainsi que ce qui est mangé prend forme. incapable dirait-on cette chose qui sort et prend forme de sortir autrement qu’en mots. ou en traits.

55. je dis et ça sort et ça prend forme en solitaire. d’abord en solitaire. après. oui. il faut tout remanger. tout reprendre. si possible à plusieurs. Cavalcade. le texte plus ou moins définitif de Cavalcade. je veux dire une partie du texte qu’on pourra lire bientôt. en mars au Québec. en juin chez nous. je veux dire qu’une partie de ce texte a été récrite. remangée. remâchée à la suite du labeur. du labeur à plusieurs. du labeur scénique à plusieurs. les longs tronçonnements de guitare. les souffles graciles. les élans soudainement qu’on ose.

56. la scène relançant la machine à sons.

57. la scène exigeant que nous remâchions. repartions tout allure dans le parlant. le déjà mangé. ou l’autre. pas encore repéré. pas encore préparé. la scène relançant le travail de l’oeil et de l’oreille. relançant la bouche. forçant aussi à reprendre l’affaire. le déjà écrit. exigeant qu’on le passe à la loupe. exigeant qu’on dépouille plus encore.

58. on refait ainsi le tri.

59. on recommence ainsi le monde.

60. tout ce qui est mangé. tout le parlant avalé. tout ce que l’oeil l’oreille et la bouche portent en nous. tout. tout cela devient un monde. tout cela peut le devenir. tout cela le devient quelquefois. aucune garantie cependant d’y arriver un jour. on plonge ainsi dans l’inconnu. c’est une façon de pratiquer le poème anthropophage. il en existe d’autres.

où l’auteur s’interroge et livre ici un inédit qui pourrait un jour, croit-il, déboucher sur une nouvelle aventure steppique

où l’auteur dit qu’il est en vagabondage. 

« je suis en vagabondage », dit l’auteur. « je cherche de nouvelles voies, de nouvelles pistes et je le fais depuis la fin de Cavalcade. du manuscrit de Cavalcade, je veux dire. et quelques voies s’ouvrent. et notamment celle-ci : pratiquer l’anthropophagie, bien sûr, mais « manger » de l’ancien grec, des vieilles affaires antiques. ce qui suit n’est qu’un essai. une façon de mêler, comme d’habitude, ce qui m’est extérieur, une portion du monde (se déclinant, cette fois-ci, en deux couches : Electre de Sophocle, le début du moins, et l’actualité la plus brûlante), et ce qui m’est le plus personnel (la toundra intérieure, disons). l’ami Fred Griot a raison : on n’en finit jamais avec les steppes. elles sont des âmes noires. elles reviennent toujours d’elles-mêmes. ce qui suit n’est qu’un essai, je disais. ne sera nullement présent dans cette nouvelle exploration des steppes. il s’agit juste, pour l’instant, d’apprivoiser. de créer un nouvel espace. une autre géographie. et puis il ne s’agit ici que d’une des nouvelles voies qui m’attirent. il y en a au moins deux autres. un jour, peut-être, j’irai vers celles-là. on verra. pour l’instant, je procrastine un peu », dit l’auteur.

où l’auteur livre ici un inédit sur lequel d’autres, peut-être, un jour, rebondiront plus tard.

« il me faut pour l’instant un couteau sous la gorge », dit l’auteur. « impossible de m’y mettre seul. trop de tracas. de tracasseries administratives. François Rannou m’a proposé un jeu. lui donner un texte. tenant sur un A5. d’autres pourraient, par la suite, s’en emparer, le transformer. suis partant pour l’expérience. livre ici ce texte qui, tout bientôt, j’espère, sera « mangé ». « anthropophagé » par d’autres. qui l’emmèneront ailleurs. »

« occasion en tout cas de s’y remettre. de commencer la steppe suivante, je veux dire. belle lecture, amigos », dit l’auteur.

Enfants d’Agamemnon, enfants d’Héra, voici l’occident. Ses fils. Ses filles. Ils débarquent devant Troie, commandant nos armées, nos troupeaux de soudards. Affamés. Désoeuvrés. Voyez ces fils. Voyez ces filles. Pavanant en chairs roses et lunettes solaires. Ils rissolent sous leurs chapeaux de paille. Des glaces à l’eau claire ornent leurs mains. Ils roulent des yeux devant ces lieux tant désirés. S’exclament en masse devant ces bosquets de bord de mer. Ces cabanons de paille consacrées à l’amour, disent-ils. Voyez-les. Observez-les. Scrutez leurs mots. Espionnez leurs idiomes.

Les voici donc, ces fils, ces filles, tant redoutés. Enfants des tueurs de loups. Ils visitent, ici, à droite, nos palais riches en carnages. Et par là, à gauche, les places vouées à la révolte. Ne descendant de leurs avions ou de leurs autocars climatisés, qu’une fois la voie sûre. Dégagée des pouilleux. Nettoyée au karscher. Quelques-uns de nos frères, quelques-unes de nos soeurs les escortent, portant en bandoulière les casques d’airain, les boucliers transparents et les matraques de plastique.

Mais tous, nous savons, tous, à l’âge où nous sommes, que l’éclat lumineux du soleil éveille. Nous vivons une époque de chiens. Nous vivons mangés par les chiens. Nous vivons mangés par les chiens d’occident. Un vent nouveau pourrait, pourtant, aisément, tout emporter. Balayer.

Enfants d’Agamemnon. Enfants d’Héra. L’heure n’est plus aux atermoiements. Délibérons. Mettons-nous d’accord. Soyons précis et agaçants. Durs comme la piqûre du taon. Laissons-nous transporter. Élever. Peut-être, le temps, peut-être, est venu. Mort aux chiens. Arrêtons les soupirs. Soyons pour le retour des loups. Agissons. Agitons nos graisses. Nos ventres ronds et repus. Soyons fous. Inventons.

où l’on prend connaissance d’autres hypothèses sur les poèmes anthropophages (5)

41. le poème anthropophage est généreux. il reconnaît à l’autre une grande force et de multiples qualités. le poème anthropophage vise à ingérer, en tout ou en partie, les forces vives et exaltantes d’autrui.

42. le poème anthropophage n’ingère pas l’autre des suites d’un combat. le poème anthropophage n’a pas d’ennemi à abattre. le poème anthropophage naîtrait plutôt de la patience. de la lente et  minutieuse observation des bruits, bruissements, froissements, qui l’entourent. certains lui parleront. d’autres pas. il faut apprendre à faire le tri.

43. innombrables sont les murmures du monde. les invitations. « nous vivons », dit le poème anthropophage, « nous vivons, sans cesse, nous vivons, dans un monde anthropophage. dans un monde où, pourrait-on croire, l’anthropophagie est partout. autant dire nulle part. nous vivons, sans cesse, nous vivons dans un monde où vivent des bruits, odeurs et sensations plus séduisantes les unes que les autres. il faut apprendre à faire le tri. » dit le poème anthropophage.

44. voilà un poème anthropophage. il s’aventure à pied dans le monde. autour de lui, des murmures, des déhanchés sexy. tout ce qui est extérieur au poème anthropophage n’arrêtant pas de le solliciter : « mange-moi, nom de nom, mange-moi. peut-être que je l’assouvirai, moi, ton grand désir d’ailleurs. » le monde dans lequel vit un poème anthropophage est un immense hypermarché. du moins est-ce ainsi que je comprends ce que me dit le poème anthropophage.

45. il y a cependant une grande différence entre faire son marché dans le monde et observer scrupuleusement ses frottements. « lorsque je fais mon marché », dit le poème anthropophage, « je ne cherche pas. je n’écoute pas. le monde s’impose à moi, on dirait, non ? le monde m’impose ce qu’il pense être bon pour moi. ce qu’il est prêt à me donner comme forces vives. dans l’observation scrupuleuse, je me cache. je chasse. je ne demande pas l’avis au monde. je prends au monde, sans attendre son accord, ce que, dans le monde, je perçois comme forces vives. »

46. peut-être que le poème anthropophage a quelque chose à voir avec la prédation. si ce n’est que le poème anthropophage n’a pas pour but d’exterminer. d’annihiler en vrai ce qui, dans le monde, instinctivement l’attire. le poème anthropophage : une façon d’admirer, de regarder les choses. d’ingérer ce qui, dans les choses, est admirable. gagner peut-être ainsi un surcroît de force. le poème anthropophage est à chaque fois un pari.

47. si j’écris un poème anthropophage, je parie que ce que le poème anthropophage ingérera m’emmènera ailleurs. hors de moi. de mes plates-bandes. de mon jardin et de mon pré. je parie que le poème anthropophage est un saut de barrière. tout le travail consiste à choisir avec soin l’ailleurs à ingérer. tout le travail consiste à connaître avec soin les motivations profondes du poème anthropophage.

48. sauter une barrière. briser la coquille d’un oeuf d’autruche. pas d’autre motivation à écrire un poème anthropophage. trouver dans le monde ce qui m’empêchera de tourner en rond. me permettra, peut-être, d’accroître ma perception. « le but du poème anthropophage », dit le poème anthropophage, « n’est pas d’affiner, de peaufiner, les perceptions qu’on a du monde. le but du poème anthropophage n’est pas de dire plus justement, adéquatement, le monde. le poème anthropophage est plutôt une machine de guerre, une façon d’accroître nos capacités à percevoir. sur le terrain de la perception a lieu ce combat. son enjeu est l’assoupissement ou l’accroissement. »

49. le poème anthropophage pense qu’un accroissement est toujours possible. ça ne reste cependant qu’une hypothèse. il se peut que le poème anthropophage s’aveugle. il se peut qu’il se perde en chemin. le poème anthropophage suppose, en tout cas, une certaine capacité humaine à distinguer les forces vives des forces d’assoupissement. le poème anthropophage ne dit, cependant, ni qui possède ni comment acquérir cette capacité utile. « il n’y a pas de modèle à suivre », dit le poème anthropophage, « il y a une expérience à vivre. un pari à tenter. »

50. « je ne peux pas dire à ta place », dit le poème anthropophage.

où l’on présente succinctement lunalia, nouveau projet sonore de deux « cosmic ladies »

Maja Jantar et a.rawlings se connaissent depuis longtemps, pratiquent ensemble (même à distance) l’improvisation vocale, se chamaillent sur scène dans des joutes sonores hors normes. J’ai eu la chance, à Gand, chez Maja Jantar, d’assister à la naissance de leur projet d’impros à partir des lames du tarot. Leur nouveau projet, lunalia, est à entendre ici.

lunalia est un jeu. Le plaisir, pour deux « cosmic ladies », d’improviser, chacune de son côté, chacune chez soi, à Reykjavik, à Gand, un chant tous les soirs. Selon ce que la lune « du jour » leur inspirera. Chants de gorge. Envolées cristallines. Souffles à peine ébauchés. Silences. Le tout est mixé par la suite. Mille fois mieux que l’horoscope du jour. Quelque chose du chant pythique mais sans les falbalas et les effets de manche. Quelque chose d’élémentaire, quoi. De rugueux. De terrien. Il y aura, j’imagine, une danse vocale postée par jour. Le premier chant a eu lieu le 7 février. Dans la neige.

Le projet durera le temps d’un cycle lunaire.