où l’on découvre un exemple d’anthropophagie de spectacle

rions ensemble.

dans anthropophagie zombie, suely rolnik rappelle que le cannibalisme, c’est juste se nourrir. que l’anthropophagie, par contre, tiendrait plutôt du rituel visant à ingérer une part de l’autre, la part vive de l’ennemi. cela suppose une parfois longue période d’observation. où l’on scrutera l’ennemi. ses faits et ses gestes. ses paroles. on repérera avec soin ce qui, dans l’autre, pourra nous octroyer un surcroit de vie, un surcroit de force. ce n’est qu’après cette longue étude qu’on passera à l’acte anthropophage proprement dit.

on le sait depuis longtemps : la société de spectacle, anthropophage par essence, ingère sans remords, sans scrupule, sans état d’âme, les forces vives et critiques. exemplaire est ainsi la « mise à mort » de guy debord, dévoré d’un coup, ravalé au rang d’icône et réduit à son nom, dans un jeu télévisuel.